Cette nuit là Glorfindel ne les laissa pas se reposer, au lieu de ça il monta Frodon sur Asfaloth son cheval, et les autres hobbits purent se décharger en utilisant à nouveau les flancs de Bill. Ils marchèrent tous tout du long de la nuit, tant et si bien que ce n’est qu’à l’aube que Glorfindel les laissa se reposer, même Aragorn tombait de fatigue.

Après cinq heures de repos sous la garde de Glorfindel la compagnie repris la route, et en une journée pressés par le seigneur elfe ils avaient parcouru déjà vingt milles de plus vers le gué de Bruinen. Les hobbits étaient à bout de souffle, et le mal qui avait frappé Frodon avait redoublé, désormais même les journées étaient affadies par ce voile gris.

De la rive ouest on distingue déjà les premiers escarpements qui mèneront à la vallée de Fondcombe

Le lendemain la compagnie poursuivie sa route, elle descendait désormais régulièrement la colline, ils atteignirent une tranchée, comme creusée entre deux parois de roche rouge. Tandis qu’ils l’a traversait avec empressement, Glorfindel redoutait de plus en plus l’ennemi, il les savait derrière eux, se rapprochant de plus en plus. Il s’attendait aussi à quelques dangers arrivés sur le gué, ils seraient alors pris en étau avec sans possible voie d’échappement.

Au bout de la tranchée, la vue se dégagea et ils pouvaient enfin distinguer le gué à un mille de là. Et de l’autre coté un petit sentier sinueux montant le long d’une colline aux pentes raides. Au même moment derrière eux des galops se firent entendre, impétueux, résonnants entre les parois de la tranchée qu’ils venaient tout juste de quitter.

Glorfindel donna l’alerte, les hobbits coururent en avant vers le gué, tandis qu’Aragorn restait avec l’elfe en arrière garde. Et cinq cavaliers sortirent par l’ouverture, ils firent halte un instant et se figèrent comme de hautes statues noires. Frodon avait stoppé sa fuite en avant, il été comme retenu une nouvelle fois, se retournant il ne vit que les Cavaliers Noirs, autours d’eux tout été effacé par une brume grise et froide. Hésitant il se rendit compte que l’ennemi était en train de lui ordonner de faire demi tour, alors soudainement la peur et la haine s’éveillèrent en lui, il brandi son épée.

L’instant d’après Glorfindel commanda son cheval “noro lim, noro lim, Asfaloth!” Et le cheval blanc bondis, galopant aussi vite que le vent vers le gué. Alors un cri venant des Cavaliers surgit, et un second en réponse surgit de l’amont et quatre autres cavaliers sortirent des arbres, deux s’élancèrent vers Frodon, et deux autres galopèrent vers le gué pour lui couper la route. Et ce fût neufs cavaliers qui se mirent à la poursuite de Frodon !

Très vite Frodon ne pût plus distinguer ses amis restés en arrière, les cavaliers derrière lui perdaient de la distance, mais Frodon ne pensait pas échapper aux deux qui s’étaient embusqués. La peur étreignis complètement Frodon, il entendait les commandements de l’ennemi, il les distinguai de plus en plus nettement, alors que l’air s’engouffrant sous leur cape avaient dévoilé entièrement leur figure aux yeux froids et étincellants.

Frodon fermait les yeux, il s’agrippait à la crinière du cheval, le vent sifflait à ses oreilles quand dans un ultime effort Asfaloth passa sous le nez du Cavalier de tête, tel un éclair. Frodon entendis alors les éclaboussements de l’eau, il avait atteint le gué. Le cheval le traversa rapidement, malgré les flots. Tandis que les sabots remontaient sur la rive ses poursuivants le talonnait de près.

Arrivé au sommet du talus Asfaloth se retourna, hénnissant et s’ébrouant. Frodon brandit à nouveau son épée alors que le Cavalier de tête était à son tour près de quitter le gué. “Par Elbereth et Luthien la Belle, vous n’aurez ni l’Anneau ni moi!” Cria Frodon, alors, le chef des Cavaliers se dressa et leva la main, puis Frodon fût frappé de mutisme, et son épée se brisa avant de tomber au sol.

Frodon n’avait plus d’espoir d’échapper aux Cavaliers par le sentier abrupte et incertain qui se trouvait derrière lui, puis un grondement se fît entendre. Les flots du Bruinen lui semblait s’élever, la rivière s’était mise à charger de plus en plus de pierres dans des eaux de plus en plus tumultueuses. Puis une série de vagues empanachées déboula bruyamment sous ses yeux. La rivière s’était changée en une cavalerie blanche d’écume, se ruant sur des Cavaliers Noirs. Les montures pris de panique emportèrent leur cavalier avec elles dans les flots d’argent du Bruinen.

Avant de s’évanouir, Frodon cru apercevoir au loin de l’autre coté de la rivière une petite forme de lumière blanche entourée de petites flammes rougeoyantes poussant les derniers cavaliers dans les tumultes du Bruinen. Puis il tomba, inconscient.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mesure anti-Bot (réservées aux utilisateurs non inscrit sur le site) : *