Vous n’êtes pas sans savoir que cet hiver sortira en salle le premier volet de la nouvelle trilogie de Peter Jackson. Le Hobbit: Un voyage inattendu. Première partie de l’adaptation cinématographique du livre The Hobbit écrit par J.R.R Tolkien et publié pour la première fois en 1937.

Ce sera l’occasion pour les éditeurs de rééditer le livre avec une nouvelle couverture reprenant l’affiche du film, histoire de surfer un peu sur la vague engendrée par les films. Mais ce qui nous intéresse ici, plutôt que ces pratiques bassement mercantiles, c’est la publication, en cette rentrée 2012, d’une nouvelle traduction du premier livre publié de J.R.R Tolkien.

Oui vous avez bien lu, The Hobbit va être traduit en français une nouvelle fois. La première traduction de Francis Ledoux datait de 1969, mais ce n’est pas sur son age qu’il à été décidé d’en faire une nouvelle traduction. Cette première traduction souffrait de lacunes, d’un manque certain de cohérence au sein même de l’œuvre mais aussi par rapport aux travaux suivant de Ledoux sur le Seigneur des Anneaux (Bilbo Sacquet devenant Bilbon Sacquet).

Cette nouvelle traduction 2012, par Daniel Lauzon, se veut plus cohérente et profite des avancées faites sur la connaissance des travaux de Tolkien. Daniel Lauzon étant connu pour avoir participé aux traductions des tomes de Histoire de la Terre du Milieu.

Maintenant que votre curiosité est piquée au vif, sachez que vous pourrez vous procurer cette nouvelle traduction dès le 6 septembre 2012. Dans une version annotée par Douglas A. Anderson qui vous en apprendra plus sur la genèse du livre, les influences de Tolkien et les retouches apportées à l’œuvre en 1966.

Une autre version illustrée par Alan Lee sortira le 4 octobre 2012. Le même jour une version simple mais reliée sera aussi de sortie. Toutes aux éditions Christian Bourgois.

Voici la quatrième de couverture:

« Si vous aimez les allers et retours, les voyages qui vous transportent loin des conforts du Monde occidental, passé la frontière de la Sauvagerie, et qui vous ramènent à la maison ; si vous savez vous intéresser à un héros modeste (doté d’un peu de sagesse, d’un peu de courage et de beaucoup de chance), voici le récit d’un tel voyage et d’un tel voyageur. Il se passe aux temps anciens entre l’âge de Faerie et la domination des hommes, à l’époque où la célèbre forêt de Grand’Peur se dressait encore, et où les montagnes fourmillaient de dangers. En suivant le parcours de cet humble aventurier, vous apprendrez en chemin (comme lui) – si vous ne savez pas déjà tout de ces créatures – bien des choses sur les trolls, les gobelins, les nains et les elfes ; vous aurez aussi un aperçu de l’histoire et de la politique d’une période négligée, mais non moins importante. Car M. Bilbo Bessac a rendu visite à divers personnages éminents ; il s’est entretenu avec le dragon, Smaug le Magnifique ; et il était présent, bien contre son gré, lors de la Bataille des Cinq Armées. Tout cela est d’autant plus remarquable que M. Bessac était un hobbit. Car jusqu’ici, l’histoire et les légendes n’ont tenu aucun compte des hobbits, peut-être parce qu’ils préféraient, en règle générale, le confort à l’agitation et aux émotions fortes. Mais ce récit – tiré de ses mémoires personnels – de la seule année excitante dans la vie de M. Bessac permettra de vous familiariser avec ces gens fort estimables, qui de nos jours (dit-on) se font plutôt rares. Le bruit les dérange. » J.R.R. Tolkien

Et là vous vous trouvez perplexe ? Bilbo Bessac ? Mais qui s’est celui là ?!

Hé oui la famille Sacquet devient la famille Bessac ! C’est probablement ce qui fera le plus parler au sujet de cette nouvelle traduction. Daniel Lauzon étant revenu sur l’ensemble des patronymes et autres noms propres présent dans The Hobbit. En veillant cette fois ci à respecter les recommandations de J.R.R Tolkien quand à la traduction des noms.

Mais le travail de Lauzon vas plus loin que ça, respectant les changements de ton dans le récit, les registres et la musicalité des chansons et poèmes. Tout est là pour offrir au lecteur une redécouverte de l’œuvre, plus fidèle à l’original.

Seulement voila, cette nouvelle traduction pose ses propres problèmes. Et la cohérence avec le Seigneur des Anneaux se retrouve encore plus malmenée. Souhaitons que cette nouvelle traduction puisse être la première brique d’un travail plus vaste comprenant aussi la retraduction du Seigneur des Anneaux.

Pour les anglophones qui sont bien au dessus de ces considérations, sachez qu’une nouvelle édition de The Hobbit est programmée pour le 8 novembre. Une édition spéciale agrémentée des cartes et illustrations de J.R.R Tolkien. Faut-il le rapeller que le livre fêtes ces 75 ans cette année.


 

Enfin, pour terminer ce petit tour d’horizon des publications de cette rentrée. Terminons avec le Dictionnaire Tolkien, de Vincent Ferré, sortie le 11 octobre aux éditions CNRS. 700 pages pour être exhaustif et aborder toute l’œuvre de Tolkien et ses dérivés. Vincent Ferré est reconnu dans le milieu des Tolkiendilí pour ses nombreux travaux sur les traductions, collaborant étroitement avec l’éditeur Christian Bourgois.

Avec ça vous n’aurez aucun problème pour supporter l’attente de la sortie du premier volet. C’est le moment ou jamais de lire, ou relire Le Hobbit.

8 Commentaires

  1. Mouais … pas convaincu. J’ai l’ancienne version et sa lecture (et relectures) ne m’a pas choqué ! Je garderai donc celle-là et ne suivrai pas ce mouvement visant à surfer sur la vague du film.

    Avatar Shastar
    1. Je précise, parce que je tient à ce que cet amalgame ne se fasse pas.

      Les bouquins qui sortiront pour “surfer” sur le film sont de la vielle traduction. Y’a que la couv’ qui change. A moins que vous n’ayez jamais lu Le Hobbit, pas la peine d’aller les acheter effectivement.

      Par contre, la nouvelle traduction qui sort bientôt, elle à l’air de véritablement apporter son lot d’améliorations.
      Chose que je ne savait pas mais la trad de 69 oublie carrément quelques passages de l’œuvre originale !

      Cette nouvelle traduction ne surfe pas sur les films, c’est un projet de longue date, ça fait plusieurs années qu’on l’attend. Et j’encourage tout un chacun d’aller se faire son propre avis sur la question en se la procurant, quand elle sera sortie.

      Donc pas d’amalgame entre les ed. Poche et les éditions Christian Bourgois qu’on ne peut décemment pas accuser de profiter de l’effet film.

  2. Morvel de lutin de l’herbe…

    Je m’attendais bien sur à voir de nouvelles couverture fleurir sur toutes les versions de “Bilbo le hobbit”

    Mais cette nouvelle traduction… et ce changement de noms… mais qu’est ce qu’il a fumé encore ce mec ?!
    Je veux bien qu’il respecte les volontés du vieux Tolkien, et il a bien raison d’ajouter les passages “oublié” par la traduction de 69 (même s’ils auraient pu éviter ça dès le début…).

    Mais changer des noms utilisé depuis plus de 40ans… c’est quoi son problème ?! Il veut se faire brûler sur une place publique ?!

    Et sait on quelle version va être prise pour le passage du film en VF ? Bilbo Baggins ? Bilbon Saqquet ? Bilbo Bessac ?

  3. Pour les films il y a fort à parier qu’il resteront cohérent entre eux. Bilbo Baggins utilisé dans la première trad du livre, deviendra Bilbon Sacquet utilisé dans le Seigneur des Anneaux et dans les films naturellement.

    Notez que cette nouvelle traduction n’efface pas l’ancienne. Si vraiment vous n’arrivez pas a vous faire à ces nouveaux nom, d’autant que y’a pas que Baggins qui est changé, mais Fondcombe aussi, et bien d’autre.

    Mais passé la première réaction, la même (Whaaaaa! Impossible !!!) Perso j’aime bien, les nouveaux noms étant mieux choisis et plus respectueux.

    Encore une fois, faut pas s’arrêter aux noms propres, la nouvelle traduction va bien plus loin.
    Lisez donc les réactions sur le forum d’Elbakin (Bas de page: http://www.elbakin.net/forum/viewtopic.php?id=4738&p=8). Daniel Lauzon et Vincent Ferré viennent y apporter leur justifications, et elles font sens à mes yeux. Après ca reste subjectif.

    1. Merci pour ce lien Edward.

      Je me permet de citer un post de ce forum pour expliquer pourquoi je comprend a présent, en espérant que d’autre comprendront :

      Elendil Voronda a écrit 09/08/2012 18:47:01

      Un exemple particulièrement flagrant au chap. XIV (merci à Meneldur de l’avoir signalé) :

      Tolkien a écrit:

      – Si seulement il n’avait pas été tué, dirent-ils tous, nous en aurions fait un roi. Barde le tueur de dragons, de la lignée de Girion ! Quel malheur qu’il soit perdu !
      – Barde n’est pas perdu ! cria-t-il. Il a plongé d’Esgaroth, une fois l’ennemi abattu. Je suis Barde, de la lignée Girion ; c’est moi qui ai tué le dragon !

      Rien de bizarre ? Vous ne comprenez pas qui est le « il » du deuxième paragraphe ? C’est normal, le lecteur non plus, car il n’est pas introduit dans le texte. Il manque tout un paragraphe qui parle d’une haute figure émergeant des ombres, ses vêtements trempés, une lueur féroce dans les yeux… Un paragraphe qui manque dès la première édition française de Bilbo, chez Stock.

      Source : http://www.elbakin.net/forum/viewtopic.php?id=4738&p=13

  4. Juste quelques précisions :
    En France, une traduction appartient à son auteur, il est protégé par le droit d’auteur. Sacquet est une création qui appartient à Francis Ledoux, la reprendre dans une nouvelle traduction c’est le plagier.
    Autre point, le projet de la traduction du Hobbit annoté était initialement prévu pour 2009, mais La Légende de Sigurd et Gudrún a bousculé le calendrier.
    On peut dire que l’éditeur Christian Bourgois profite de la sortie des films, ne nous leurrons pas, cela à surement ajouté à la motivation de ce projet de nouvelle traduction, avouons que c’est le meilleur moment (à moins de remonter le temps :D). Mais l’éditeur ne fait pas ça que pour le profit et sans sacrifice (genre nouvelle édition juste en changeant la couverture). Vu que l’éditeur a prévu ne vendre désormais que la nouvelle traduction, ça veut dire que les stocks de ces anciennes traductions seront probablement détruits, c’est autant de perte financière, je leur souhaite que ces stocks ne soient pas trop importants.

  5. Même ‘Fondcombe’ a été modifié ???

    Nan, depuis que j’ai entendu parler de cette nouvelle traduction, c’est pratiquement si j’en ai perdu le sommeil. Je connais Sacquet et Fondcombe (et tout le vocabulaire Ledoux) depuis plus de 20 ans, et ils appartiennent à mon quotidien. Je me vois mal commencer à m’habituer à ces nouveaux termes qui, à mes oreilles, sonnent totalement vides. Contrairement aux anciens qui sont chargés de sens, évocateurs de merveilles d’un autre temps (sans même parler de la nostalgie de ma jeunesse au cours de laquelle j’ai découvert cet univers splendide).

    Je ferai mon vieil aigri, et ne participerai pas à cette nouvelle ère. Je me contenterai des vieux livres… (j’espérais une traduction uniformisée depuis longtemps, mais je ne pensais pas que, ce faisant, ils “réinitialiseraient” tout le vocabulaire !!!)

    Note : J’espère que les VF des films resteront cohérentes entres elles !

  6. Oui même Fondcombe à un nouveau nom. Il faut savoir qu’en droit Français le traducteur d’une œuvre possède des droit d’auteur sur sa traduction. Ledoux a donc les droit d’auteur pour Sacquet et tout les noms qu’il a choisi pour traduire les nom originaux.

    Du coup, quand on veut proposer une nouvelle traduction, il faut aussi proposer une nouvelle traduction pour les noms.

    Mais le cœur de cette nouvelle traduction ce n’est pas les nouveaux noms, c’est tout ce qu’il y a autour, c’est le récit et la façon dont il est rythmé et respecte les changement de tons, c’est les chansons et poésie qui retrouve leur musicalité, c’est une cohérence dans les noms choisi, plus de mélange avec des nom anglais et des noms francisés par exemple. C’est aussi le retour de certain passage oublié de la traduction de Ledoux.

    Bref, faut pas se focaliser sur les noms, et cette nouvelle traduction n’efface pas l’ancienne, tu peut toujours la lire, et retourner aux anciennes. Mais sache qu’elle apporte beaucoup et qu’elle ne fait pas que venir s’opposer à toute la nostalgie qu’on peut avoir vis à vis de l’ancienne traduction.

    Le but à terme de cette nouvelle traduction s’est aussi d’offrir une traduction cohérente avec le Seigneur des Anneaux, qui si les choses se font sera lui aussi retraduit chez Christian Bourgois Éditions.

    Pour les films, ils ont leur traduction à part, ils resteront cohérent entre eux, et dans Le Hobbit (le film) on aura les aventures de Bilbon Sacquet, là où dans le livre on a Bilbo Sacquet. Il traversera la Forêt Noire, là ou dans le livre il traverse Mirkwood.

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